Recycler les yeux fermés

Recycler les yeux fermés

Quand j’étais jeune, je suis tombée dans le chaudron comme Obélix. Je me souviens encore, du moment précis, du moment où  j’ai entendu parler pour la première fois de recyclage.  J’étais en première année, dans le couloir de mon école primaire : murs gris, plancher tacheté aux plinthes de vinyle bleu, c’est encore très clair. J’étais avec mon professeur. C’était moi la désignée de classe responsable du jour. Nous allions porter le papier au recyclage. Nous avions bien pris soin d’enlever les pages où on avait écrit à l’encre bleue, car cette encre n’était pas acceptée dans le procédé, un procédé qu’elle m’expliqua du mieux qu’elle put lorsque je la bombardai de questions. Ma vie changea, je venais d’être frappée par la foudre!

Pendant plusieurs années, je me suis époumonée, à qui voulait bien l’entendre, que le Saint Ô recyclage était si important et sacré. J’en ai converti plus d’un, mais pourquoi au juste?

Je pourrais vous parler de l’évolution du recyclage, des progrès que nous avons faits avec les années, certes, du sac de plastique transparent obligatoire pour le mettre au chemin, du triage des différentes matières à même le bac et maintenant que le party est pogné, on peut tout mélanger. Malheureusement, il est encore moins dispendieux, aujourd’hui, d’envoyer notre recyclage en Chine qu’il en est de le recycler ici. N’est-ce pas un non-sens? Le tri au centre se fait, entre autres, à grands frais! Tous et chacun y mettent ce qu’ils veulent par acquit de conscience. Vous savez quand on y met du plastique 6 sachant très bien que seulement une infime pognée de centres au Québec le recyclent; tous ces pots de yogourt individuel, ces verres de plastique à dôme de la restauration rapide ou ces contenants de vos biscuits favoris… tout ça ralentit le traitement, augmente les coûts en plus de ne pas avoir la machinerie pour les recycler.

On ne peut plus faire l’autruche, se faire bonne conscience simplement par qu’on recycle. Nous avons une responsabilité sociale. Nous ne pouvons plus clamer l’ignorance. J’ai entendu dernièrement que dans les derniers cinq ans, nous avions reçu, de toutes parts, plus d’informations que dans toutes les années précédentes cumulatives! Ce n’est pas peu dire. Alors, vous savez sans doute, comme moi, que dans l’océan plusieurs continents de plastiques sont en train de nuire aux écosystèmes. Ce n’est plus le temps de seulement recycler, il faut mieux consommer!


Josianne Laurin