-Oser-  Par Caroline Tremblay

-Oser- Par Caroline Tremblay

Je croyais qu’en vieillissant, sortir de sa zone de confort se faisait sans trop de mal. Que cela serait simple, rapide et sans stress. Avec mon expérience, ma sagesse et mon bon jugement, que je ne vivrais pas toutes sortes d’émotions ! Je me suis trompée royalement ! 

Ce n’est pas parce que je m’approche lentement de la quarantaine que je peux affronter n’importe quoi. C’est fou, je ne me vois pas comme une superwoman ! À bien y penser, j’en suis une ! Je ne veux pas me sous-estimer. Cependant… 

Pourquoi est-ce difficile sortir de ma zone de confort ? 

Tout d’abord, j’aime la sécurité du petit cocon douillet que je me suis bâti. J’ai travaillé dur, je les ai montées les marches pour me rendre où je suis. Mais, il y a toujours un mais. Il me manque un petit quelque chose. Je ne l’avais pas remarqué au début, par contre plus les jours et même les années avancent, j’ai envie de me rapprocher de mes rêves.

Quels rêves ?

Ceux que j’ai imaginés en étant jeune et insouciante. D’accord, ma vie n’est pas finie, je suis encore jeune et un peu moins insouciante qu’il y a 20 ans. Lorsque je les ai formulés, je ne les ai jamais oubliés, même si j’ai décidé autrement pour moi. Ils sont là, tatoués sur mon cœur. Je réalise que je savais exactement ce que je voulais être, par contre à l’âge adulte, on choisit ce qui est plus « sûr » pour nous.

Je me plais bien dans le chemin que j’ai choisi, je me suis découvert des qualités insoupçonnées et devenue une femme qui a une soif d’apprendre. Sauf que depuis un certain temps, je ressens le besoin d’aller plus loin, de trouver enfin mon X, comme tout le monde.

Voilà ! Mes vieux rêves refont surface ! 

C’est à partir de là que je commence à vivre toutes sortes d’émotions ! Je suis heureuse et je le crierais sur tous les toits. Après, j’ai le goût de rebrousser chemin et je me sens coupable de vouloir partir de mon nid douillet. Ça y est ! Ça bouillonne à l’intérieur de moi !

Pourquoi ai-je peur ?

Je ne comprends pas ce qui se passe ! Je souhaite vraiment changer, me réaliser et devenir ce que j’ai toujours voulu être. Mais, comme je l’ai dit tantôt, il y a encore un mais. Pourquoi bouleverser ma situation actuelle ? Je finis par me sentir égoïste et irrationnelle d’oser penser à ça ! 

J’en parle pour prendre le pouls de ce que pensent les autres, juste pour m’aider à me déculpabiliser ! Certains me félicitent en me trouvant courageuse et d’autres me remettent en question. 

Qui dois-je écouter ?

Je finis par avoir la tête qui tourne ! J’aimerais tellement que quelqu’un prenne la décision pour moi. Je vais reculer, comme je l’ai fait souvent, cependant je regrette toujours après quelques mois. Je dois poursuivre cette fois-ci, je dois oser ce changement.

Je viens de sortir dans la fameuse zone de confort, qui est pour moi. J’ai la tête qui tourne, juste parce que j’ai osé poser le pied hors de sa limite. Juste assez pour que le doute s’empare de moi.

Qu’est-ce qu’il pourrait m’arriver de pire ?

Je réalise que j’ai peur d’avoir peur de me planter. Me planter ! Peur stupide, je sais que je suis capable de me relever, j’ai un hamster cérébral qui est un génie pour trouver des solutions. Encore une fois, je panique avant. Je m’empêche moi-même d’avancer. Et les autres ? Les autres ne sont pas moi, je ne dois pas absorber leurs craintes à eux, je dois me faire confiance.

C’est le moment de prendre une bonne respiration et de me dire que ce qui va m’arriver va m’être bénéfique. Que si je suis rendue à vouloir atteindre mes rêves, c’est que je suis rendue là dans ma vie ! J’ai tout en moi pour accomplir ce que je souhaite vraiment. Je sais que je serai capable de plus. Je dois penser à moi !

La fameuse zone de confort, elle est juste là pour m’aider, me sécuriser… mais, encore un petit dernier mais…

Est-ce qu’elle est là pour me challenger afin de me sentir vivante et d’oser être moi ? 

 

Caroline Tremblay